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07/03/2011

Intervention réunion de La Riche du 15 février

Ma première réunion de présentation de candidature à la présidence du Conseil général s'est tenue le 15 févier dernier. Ci-dessous le texte de mon intervention.


 

Chers camarades, chers amis,

 

 Je veux d’abord vous remercier de votre présence. Elle montre que vous partagez une conception de la démocratie. Quand il y a une élection, il est normal qu’il y ait des réunions et quand on est candidat à une élection, il est tout simplement normal de s’en expliquer. Mais nous savons bien sûr que cette réunion-là s’inscrit aussi dans une campagne tournée vers les électeurs. Et bien évidemment, nous devons en responsabilité faire en sorte que les campagnes de nos camarades dans les cantons renouvelables se déroulent sereinement. C’est dans cet esprit que j’entends participer au débat. J’adresse donc tout d’abord tous mes encouragements aux  candidats de notre fédération en leur disant que je suis disponible pour les aider.

 Dans 19 des 37 circonscriptions de notre département les électeurs vont être appelés à désigner leurs conseillers généraux. Ce nouveau mandat sera le dernier avec ce mode de scrutin. La loi de réforme territoriale a prévu qu’à partir de 2014, tous les conseillers généraux, requalifiés en  « conseillers territoriaux », seront élus en même temps pour six ans et siègeront simultanément au Conseil régional. Il n’est plus utile de discuter à l’infini de cette réforme. Nous l’avons dénoncée. Mais elle est désormais la loi. Tout en continuant à la critiquer, nous devons nous y adapter. Quand elle sera complétée suite à la censure partielle et relativement accessoire du Conseil Constitutionnel, un nouveau découpage des cantons sera rapidement engagé par l’actuel gouvernement. Il devrait y en avoir 35 pour l’Indre-et-Loire. Ce futur découpage sera en vigueur pour le scrutin de 2014. Quand bien même, comme nous le souhaitons tous ici, l’alternance se produisant en 2012, on reviendrait à la séparation entre élus du Conseil général et du Conseil régional, au moins deux éléments de la réforme territoriale ne seront pas remis en cause. Premièrement, l’élection du Conseil général aura lieu en 2014 pour six ans, dans tous les cantons en même temps. Deuxièmement, le découpage qui interviendra avant le prochain scrutin présidentiel sera en pratique impossible à remettre en cause.

 Nous devons donc aborder le scrutin de mars avec en perspective celui plus décisif de 2014 car nous renouvellerons alors les conseils généraux et les conseils régionaux soit par un vote unique de conseillers territoriaux, si la réforme reste en l’état, soit par un vote distinct mais simultané, si nous revenons sur la réforme. Et ce scrutin sera probablement organisé le même jour que les élections municipales. Pour les collectivités locales, 2014 sera donc un rendez-vous très important et il se prépare dès maintenant.

Dans ce contexte, le scrutin de mars prochain pourrait donc paraître anodin, signifier la fin d’un Conseil général perçu, non sans certaines raisons, comme archaïque. Pour notre département, je n’imagine pas que la droite reprenne la majorité du Conseil général, car la marge de cantons à reconquérir est élevée. Mais attention car force est de constater que ces élections cantonales ne passionnent pas les foules. Une abstention forte, encore plus élevée que d’habitude, peut déjouer les pronostics.

Il y a aussi, nous sommes là pour en parler, la situation particulière de notre Conseil général. Chacun le sait : il y a un problème. Avec d’autres collègues élus j’ai plusieurs fois exprimé mon sentiment. Il touchait sur le fond des décisions à prendre et le dissimuler n’aurait pas été honnête. Quand on est élu du même parti cette décision n’est pas facile à prendre car elle peut être incomprise mais être élu impose parfois ce devoir. Il ne faut pas se méprendre sur les responsabilités dans une crise : elle a une origine et des effets. La responsabilité concerne la cause pas ses conséquences.

Comme le Parti le souhaitait, nous avons accepté les gestes d’apaisement. Mais les difficultés ont-elles disparu ? Non ! Elles ont même spectaculairement réapparu, d’autres collègues ayant désormais une analyse identique à celle que nous avions eue plus tôt.

Dans cinq semaines, les électeurs des cantons concernés par le renouvellement se prononceront pour choisir, et, le moment venu, si nous restons majoritaires et si plusieurs postulants se déclarent, tous les militants seront appelés à choisir l’élu qui présidera le Conseil général. C’est légitime et c’est la procédure prévue par nos statuts. Les militants voteront en ayant, ce qui est naturel pour un vote,  un choix qui devra être respecté. C’est la loi de la démocratie.

Comme vous le savez désormais, je suis candidat à la présidence du Conseil général. Je suis d’abord candidat parce que toute démocratie repose sur un principe essentiel : celui du choix. La soumission à des oukases, qu’ils viennent d’un siège parisien ou même de plus près, est le contraire de la démocratie. En démocratie, il faut avoir un choix. Et ce  choix doit être authentique avec des règles garantissant la transparence et la liberté. Je veux vous permettre ce choix.

La question de la conduite de la campagne de 2011 se pose. Le fait même qu’elle se pose, alors que nous sommes dans la majorité sortante, est en-soi un événement qui témoigne d’un problème. Discutons-en sereinement. Doit-on personnaliser autour d’un leader ou au contraire mettre en avant le collectif ? Le fond de ma pensée, c’est que le concept même de « chef de file » départemental n’a pas de sens. Le scrutin cantonal n’est pas un scrutin de liste. Dans le cas d’une liste, bien évidemment, la tête de liste conduit la campagne. La tête de liste est le chef de file. Dans un scrutin de type uninominal dans des circonscriptions différentes, le chef de file n’existe pas. C’est à chaque candidat dans sa circonscription de conduire sa campagne. Libre à un candidat de mener ou non sa campagne avec un « guide » mais, dans ce cas, il doit au moins pouvoir le choisir lui-même. Nul n’est en droit de s’autoproclamer guide des autres candidats. Et d’ailleurs, beaucoup de candidats socialistes dans cette campagne ont décidé de la conduire en toute autonomie, sans « chef de file » extérieur. C’est aussi ce que j’aurais fait si j’avais été renouvelable.

La question du « chef de file » de campagne étant fictive, reste néanmoins posée celle de la candidature à la présidence du Conseil général car là il ne s’agit pas d’une « fiction » mais d’une fonction bien réelle. Tous les 3 ans, nous nous posons la même question et elle se posera à nouveau pour 2014, puis tous les six ans: faut-il choisir notre candidat à la présidence avant ou attendre le verdict des urnes ? Et c’est normal car la réponse ne peut pas être universelle : elle dépend des circonstances locales et du moment. Les deux hypothèses ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le plus simple est de s’en tenir aux statuts du Parti. C’est même une obligation. Si il n’y pas de règles précises c’est que tout est affaire de circonstances et de contexte local. Mais les deux hypothèses, celle du choix anticipé, comme en 2008, comme celle du choix reporté au verdict des électeurs doivent obéir à un principe commun : le vote des militants et un vote sérieusement organisé, pas une consultation escamotée.

Le Conseil fédéral a adopté le 27 janvier la procédure du vote interne après le second tour. Cette méthode me convient. C’est la procédure la plus naturelle puisque, par définition, pour présider le Conseil général il faut en être membre. Et on ne peut connaître la composition du Conseil général qu’à l’issue des élections. Pour ce qui me concerne je suis sûr d’être membre du Conseil général au soir du 27 mars. Mais cette situation ne doit pas conduire à fausser la compétition.

Avant l’élection, les seuls prétendants assurés sont, par nature, les conseillers élus en 2008 et non renouvelables. Faudrait-il se limiter à ce vivier ? Une telle règle (qui a néanmoins été tacitement imposée en 2008 !) serait tout à fait inacceptable ! Ni le fait d’être déjà installé parce que non renouvelable, ni le fait d’être sortant ne doivent constituer un privilège ! Le droit à revendiquer la présidence appartient à tout conseiller général, qu’il soit élu de la série 2008, qu’il soit réélu ou nouvellement élu de la série 2011 ! Ce principe plaidait pour une décision postérieure aux élections, sans pour autant encourir le reproche d’incertitude devant laquelle on placerait nos concitoyens. Cette incertitude est, de toute façon, inhérente à tout scrutin uninominal.

 Le vote des militants devrait donc être organisé dans toutes les sections le mardi 29 mars et si cela est nécessaire, un second tour aura lieu le lendemain mercredi, l’installation de l’exécutif du Conseil général étant, par la loi, fixée au jeudi 31 mars. Je regrette, personnellement, que le Parti ait retenu comme date-butoir pour faire acte de candidature le dimanche soir du second tour : c'est-à-dire quelques heures avant le vote des militants ! Il me semble que l’on aurait pu avancer cette échéance pour que les militants disposent d’un temps raisonnable de réflexion et que les prétendants puissent aussi s’en expliquer. De plus, cela aurait été plus transparent vis-à-vis des électeurs. Je trouve, en effet un peu étrange de se présenter devant le suffrage universel sans annoncer son éventuelle intention de briguer la présidence !

 J’admets d’autres stratégies. Mais j’attends aussi qu’on accepte la mienne car elle correspond à ma manière de faire de la politique. Ma décision n’est pas liée au fait que je ne sois pas renouvelable. Même si le canton de Ballan avait été soumis au renouvellement, et si j’avais été investi, j’aurai fait également acte de candidature à la présidence sans attendre le soir du second tour.

 C’est parce que la règle fondamentale du choix ouvert n’a pas été respectée en 2008, qu’un « arrangement secret » avait été organisé pour écarter toute concurrence, imposer une candidature unique afin de forcer la main des militants et des conseillers généraux, que nous devons, cette fois-ci, refuser une nouvelle combinaison de même nature.

 On voit, en effet, où cela nous a conduit : les difficultés au Conseil général- faut-il le rappeler ?- n’ont pas commencé par le vote du premier budget de 2009, mais dès les premières semaines de l’alternance à cause d’un mode de gouvernance inédit, inouï, et, en tout cas en contradiction avec ce qu’on nous avait promis. Pensez-vous qu’une majorité dans le groupe aurait consenti à l’installation d’un exécutif dont on aurait annoncé un tel mode de fonctionnement ? La trahison originelle vient donc de là : du manquement aux engagements pris et donc rétrospectivement du « viol » de notre consentement.

Rappelez-vous ! Aucune délégation pendant près d’un an. Seul Conseil général de France à fonctionner de cette façon ! A mes yeux, ce mode de gouvernance résultait logiquement d’un processus d’installation. Car la légitimité réelle, donc reconnue, assoit naturellement son autorité. Au contraire, une légitimité incertaine et angoissée, a entraîné, en la circonstance, l’exercice solitaire, autoritaire et opaque du pouvoir.

 Il faut donc changer de méthode. Et c’est ce que je vous propose à travers ma candidature.

 Certains ont considéré que ma déclaration de candidature était prématurée. Ils oublient cependant que la première annonce n’a pas été la mienne ! D’autres candidatures ont été proclamées bien avant mon annonce du 18 janvier! J’estime, pour ma part, qu’en n’attendant pas le soir du deuxième tour pour me déclarer, ma démarche a le mérite de la clarté et de la sincérité. Je m’interroge sur les objectifs de ceux qui souhaitaient que rien ne bouge avant le second tour. On peut, en effet, se demander si ils ne veulent pas, en réalité, que la décision échappe aux militants ? Cette option n’aboutirait-elle pas, en effet, à régler à nouveau le problème en « petit comité » puis à faire valider la solution ensuite- et peut-être même pas ?- par les militants. Cette procédure-là conduirait inévitablement soit à une conspiration, soit à un replâtrage. Je ne veux ni de l’une, ni de l’autre. Je veux une présidence réellement choisie par les militants.

 Des camarades voudraient que le débat interne ne s’ouvre pas avant le 27 mars, pour un vote le lendemain. Au motif de la campagne électorale ! Mais je récuse totalement cet argument qui n’est en fait, chacun le sait, qu’un prétexte. D’abord parce que la question de ce qu’on appelle le « troisième tour » a été publiquement posée dans les médias, et pas par moi… et bien avant le mois de janvier ! C’est donc que la question était de toute façon installée dans la campagne. Faire semblant de l’ignorer aurait été à mon avis risqué. Je crois, au contraire, que le Parti socialiste a tout à gagner en montrant qu’il est en mesure de maîtriser ce qui est finalement au cœur de la politique : le débat, la confrontation des idées. Et comme les idées ne se promènent pas toutes seules mais sont nécessairement portées par des personnes, le débat des idées a, naturellement, une dimension personnelle. Ne sous-estimez pas les électeurs, ils sont parfaitement aptes à comprendre cela. En particulier les électeurs de la gauche car le débat démocratique est consubstantiel à l’Histoire de la gauche et loin de nous affaiblir, je suis persuadé que traiter la question de la future gouvernance au Conseil général va, au contraire, nous aider dans la campagne, dès lors évidemment qu’un tel débat reste digne, responsable et centré sur des visions différentes.

 Je suis convaincu qu’évacuer une question qui a été installée dans la campagne -et, je le répète, pas de mon fait- aurait été mortifère pour la suite et peut-être même désastreux pour le scrutin lui-même. C’est pourquoi, j’ai décidé d’annoncer ma candidature en temps utile. Car je ne veux pas que la question soit réglée par un conciliabule dont les militants ne seraient une fois de plus, que les spectateurs. Ma démarche est claire : elle va permettre aux militants de réellement décider. Elle est même la plus franche en empêchant une machination qui était peut-être en projet. Je me présente loyalement - ce sera ma ligne de conduite - avec mes arguments et ce sont les militants qui auront le dernier mot.

 Avant ou après le scrutin, quelque soit le choix de méthode décidé par le Parti, vous l’avez compris, j’aurai été de toute façon candidat à la présidence du Conseil général. Et je n’affaiblis pas le Parti socialiste, bien au contraire, en faisant acte de candidature. Ou bien alors il faut expliquer pourquoi l’organisation d’une primaire pour désigner notre candidat à l’élection présidentielle serait un atout pour 2012 ! Si cette méthode nous renforce pour le scrutin présidentiel, nous n’avons donc rien à craindre pour le scrutin cantonal de débattre aussi du choix de la candidature pour la présidence du Conseil général !

 Ma démarche est la plus transparente possible. A mon sens, le PS aurait dû exiger pour lui-même que les candidatures à la présidence soient préalablement déclarées par tous les aspirants, plutôt que de laisser ouverte cette question jusqu’au 27 mars, car c’est plutôt une telle incertitude qui « parasite » la campagne. Serons-nous deux, trois, quatre, cinq ?...

De plus, cette méthode correspond à l’idée que je me fais de la pratique politique. Je ne conçois pas, en effet, de se présenter devant les électeurs sans annoncer son intention d’être candidat à la présidence. Je trouverai donc normal que tous les candidats le fassent savoir publiquement. Loin de nous handicaper, cette stratégie peut, au contraire, devenir un facteur de dynamique électorale. Mais j’admets qu’on ne soit pas tous du même avis. Que l’on admette aussi le mien. J’ai un peu de sang malouin dans ma famille et pour ceux qui connaissent la devise de la ville de St Malo - « Qui qu’en grogne ! »- et bien « qui qu’en grogne ! » je suis candidat à la présidence du Conseil général et je ferai campagne car c’est à mon sens le respect, quand on est candidat, que l’on doit à un corps électoral, en l’occurrence les militants. Je ferai donc campagne, « qui qu’en grogne » parce que c’est tout simplement ma conception de la démocratie !

 Je suis candidat car je veux vous offrir une alternative.

 Il faut bien en convenir : le mandat présidentiel qui s’achève n’est pas une réussite. Le renouveler serait prendre un risque majeur. Je suis convaincu que cette faute nous conduirait à une lourde défaite en 2014, le vrai prochain rendez-vous pour les collectivités locales. Nous les avons si difficilement conquises. Voir tout s’effondrer serait pour moi un déchirement car nous avons avec d’autres camarades consacré l’essentiel de notre action militante à ancrer la Touraine à gauche. Je ne veux pas revoir la droite dominer la Touraine. Je suis donc résolument déterminé à un changement de la présidence du Conseil général. Sinon, j’en suis convaincu, nous le paierons très cher en 2014.

Vous le savez, c’est visible, je ne suis pas une femme !

Parlons donc d’abord de la parité  car je ne doute pas que l’argument va m’être opposé! A celles et ceux qui penseraient l’avancer je veux seulement rappeler que j’ai été le premier maire, peut-être de France, à installer la parité totale dans le conseil municipal et dans son exécutif. Je l’ai fait en 1995, avant que Lionel Jospin ne l’impose par la loi et la fasse appliquer en 2001. Je n’ai donc pas de leçons à recevoir sur ce point.  Et c’est même parce que je défends avec ardeur l’égalité hommes-femmes que je refuse, car ce serait insultant à l’égard des femmes, de considérer qu’une femme au pouvoir devrait bénéficier d’une sorte de protection particulière liée à son genre. L’égalité hommes-femmes, c’est de juger chacune et chacun selon ses actes, sans à priori dans un sens ou dans l’autre. Pour un homme, comme pour une femme : ni malveillance, ni complaisance. Jugeons simplement en objectivité.

 Je ne suis donc pas un "machiste". Je ne suis pas non plus un homme d’appareil. Mon itinéraire et mon mode de vie correspondent, je crois, à ce qu’on attend d’un responsable politique. Un vrai parcours professionnel. Un engagement militant de terrain. J’ai eu la chance d’être élu jeune. Mais je suis resté un élu humble, refusant toujours l’esbroufe, au risque d’apparaître peut-être austère aux yeux de certains. Mais c’est le fruit de mon éducation : j’ai été éduqué dans l’indifférence au paraître, à l’ostentation et dans le devoir du travail, de l’humilité, de la vérité.

 Alors je dis ce que je pense, parfois sans précaution. Et je me bats pour ma ville. On peut me coller une image, véhiculer contre moi des défauts, en inventer même sans doute. J’en ai évidemment comme tout le monde. Mais plutôt que les commentaires sur ma personnalité, observez les faits. Regardez ce que j’ai réalisé à La Riche. Regardez comment s’est transformée en profondeur cette ville dans sa morphologie et même aussi son « âme », en faisant de La Riche à chaque élection locale ou nationale la première ville socialiste du département ! Nous avons le taux d’attractivité le plus élevé de l’agglomération, les recensements successifs en attestent. La situation financière est saine : la fiscalité et la dette sont maîtrisées. La bonne gestion c’est important pour réussir dans la durée. La gouvernance est aussi exemplaire : en 28 ans de mandat à la tête de la municipalité dans une majorité plurielle, il n’y a jamais eu de crise interne. Des difficultés parfois, bien sûr, et c’est naturel, mais jamais de crise. Croyez-vous que tout cela soit le seul effet du hasard ? Non, bien sûr, mon bilan témoigne d’une capacité et découle aussi d’une méthode.

 C’est sur la base de ce résultat- du bilan par la preuve- que je présente ma candidature à la présidence du Conseil général.

 Quels sont en effet les critères à remplir pour postuler à la fonction ? Il ne doit y avoir aucun interdit préalable et il n’appartient à personne de fixer des critères conditionnels autres que ceux prévus par la loi ou, pour les socialistes, les règles du parti. Pas de conditions telles que, par exemple comme on l’a entendu, en 2008, celui de la «disponibilité à plein temps ». Je remarque d’ailleurs, soit dit en passant, que l’obligation d’une disponibilité à temps plein devrait normalement empêcher un adjoint au maire de grande ville, qui plus est  en « activité » professionnelle, de remplir la fonction. La conception au demeurant d’un président à plein-temps est d’ailleurs contestable. Elle peut conduire à confondre les missions de la présidence avec celle de la direction générale des services. Cette confusion n’est pas saine et j’ai toujours fait en sorte de l’éviter pour la municipalité.

 La disponibilité à temps plein est-elle vraiment nécessaire pour présider un Conseil général ? En tout cas, elle n’est pas saine… si elle repose sur une situation professionnelle obscure.  Car tout finit par se savoir et parfois même par la voie la plus officielle et la plus autorisée. Et, dans ces cas-là, les dénégations embarrassées n’y changent rien ! Sans parler du risque pour notre image à tous, une telle situation n’est pas non plus sans danger car n’est-ce pas se placer en position d’otage ? Par exemple, je m’interroge, comme sûrement vous-même, sur la surprenante insistance à favoriser la fermeture de collèges, comme le préconise le ministre de l’Education nationale ? Est-ce la position des socialistes ? En lisant le programme du Parti socialiste pour ces élections cantonales j’ai remarqué que nous proposons contre la casse de M Sarkozy un « bouclier territorial ». Les socialistes devraient donc refuser la fermeture des collèges, en particulier en milieu rural. C’est aussi ma position. Et je peux la défendre face à Luc Chatel et son administration car je suis libre.

 En tout cas, si la disponibilité est nécessaire je remplis cette condition. Je suis disponible pour me consacrer pleinement à la fonction car je suis désormais retraité. Président du conseil général, j’abandonnerai immédiatement ma fonction de maire et je n’installerai pas pour me remplacer un « maire de paille ». Et, pour bien le montrer, j’abandonnerai aussi, en conséquence, mon mandat à Tour(s) plus. Fidèle aux principes que j’ai, avec vous, votés à la convention de juillet 2010 sur la rénovation de la politique, je m’appliquerai la règle du non cumul sans délai et sans la détourner. Je ne serai pas adjoint et resterai simple conseiller municipal. De même, je m’engage en tant que président du Conseil général à ne postuler à aucun mandat parlementaire. Je serai donc, et je m’y engage solennellement un président du conseil général exclusivement consacré à cette fonction.

 Mais, la disponibilité ne suffit pas ! Ce qui compte aussi pour présider un Conseil général ce sont les qualités personnelles : la compétence, l’intégrité et la capacité à rassembler pour animer un collectif. Chacun jugera qui disposent le mieux de ces qualités-là. Je crois pour ma part avoir fait mes preuves.

J’ai avec ma concurrente des convergences idéologiques : nous sommes dans le même parti. Et sur des questions qui ne font pas l’unanimité dans le parti, il nous arrive même de partager la même opinion. Mais j’ai avec elle une incompatibilité peut-être plus fondamentale car d’ordre éthique: nous divergeons peut-être sur la conception de la démocratie et la République, en tout cas sur la pratique de la démocratie et de la République.

 Pour moi, l’éthique républicaine c’est respecter la parole donnée (les engagements signés doivent être respectés car c’est la confiance envers le Conseil général qui est atteinte quand on s’autorise à remettre en cause unilatéralement des engagements conclus)

 L’éthique républicaine c’est de veiller à la neutralité de l’administration : pas de recrutement sur les critères de l’allégeance mais sur le seul critère de la compétence. Et recrutement dans la transparence par des offres d’emploi faisant l’objet d’une publicité préalable et une sélection objective des candidats. Pas de recrutement dans le secret, sans appel à candidatures. La République irréprochable, impartiale pour reprendre un des slogans de la campagne électorale de M.Sarkozy ce n’est pas d’utiliser des fonctions officielles à des fins de réaffectation de camarades sans emploi ou de se constituer avec l’argent public un réseau d’obligés. On dénonce de telles pratiques pour M. Sarkozy. Peut-on les accepter chez nous ? On ne doit accepter, je n’accepterai pas la « peopolisation » de la fonction présidentielle en instrumentalisant ma vie privée. Je n’accepterai pas non plus la politisation de l’administration départementale.

 L’éthique républicaine, c’est de servir toujours l’intérêt général et non pas d’utiliser une fonction publique pour  soi-même.

 La démocratie c’est accepter la discussion avant la prise de la décision. C’est accepter la contradiction. C’est assurer un niveau équivalent dans l’information, pour permettre un équilibre dans la délibération.

 La démocratie, c’est avoir un choix. Il n’y a pas de présidence « naturelle ». Car il n’y a pas, en démocratie, de légitimité naturelle. Je refuse en 2011 la réédition de ce qui s’est passé en 2008, consistant à empêcher un vrai choix pour se faire « désigner » sans réel consentement. Pour ma part, je refuse cela. La démocratie c’est d’avoir un vrai choix libre et transparent.

 Je souhaite être le prochain président du Conseil général. Pourquoi ?

 Pour garder durablement le Conseil général à gauche, comme je l’ai déjà fait pour la municipalité de La Riche depuis 28 ans…. Mais, rassurez-vous, je ne ferai pas personnellement cinq mandats au Conseil général. Je n’irai pas au-delà de deux, dont celui commencé en 2008. Autrement dit, si je suis candidat en 2014 ce sera mon ultime combat électoral. Je ferai mes preuves pendant cette courte nouvelle mandature et si elle est réussie, si ma santé le permet encore et si l’on me fait à nouveau confiance, à condition que le cœur m’en dise et que vous le vouliez aussi je terminerai ma vie politique par un dernier mandat à la place que vous m’accorderez. Et, en 2014, la question de la présidence se posera à nouveau et je ferai en sorte que la réponse soit totalement ouverte : Il n’y a pas de légitimité automatique. Je ne suis donc pas candidat pour réaliser un plan de carrière !

 Je n’avais d’ailleurs pas envisagé la présidence du Conseil général. Ma décision est récente. Ce n’est pas une décision légère que l’on prend sur un coup de tête. Comme le dit si bien Henri Bosco « les grandes décisions ne se prennent pas, elles se forment ». Il y a, tout le monde le sait, un problème au Conseil général. Alors on peut se poser la question et beaucoup se la posaient : que va-t-il arriver ? Je m’en suis posé une autre : que puis-je faire ? Ce sont les circonstances et ma réflexion qui m’ont conduit à conclure que je pouvais être une solution à un problème. Il est essentiellement celui d’une mauvaise gouvernance. Or tout problème a sa solution. Il faut changer pour une meilleure gouvernance. J’ai fait mes preuves en ce domaine.

Pour résoudre le problème au Conseil général, je me propose donc comme solution.

Je veux que le département soit à nouveau respecté.

Je veux que le Conseil général soit un appui et non un rival de l’agglomération. Je ne veux pas d’un conseil général qui oppose la campagne à l’agglomération mais au contraire qui réconcilie. Et comme conseiller général de Ballan, le plus emblématique de cette harmonie entre l’agglomération et le rural, je pense incarner cette synthèse

 Je veux un président du Conseil général qui ait la confiance des militants. Et je ne crois pas l’avoir perdue. Je n’ai pas perdu la confiance des militants. En 2009, quand j’ai pris mes responsabilités à propos du premier budget, j’ai fait tout simplement mon travail d’élu. Aucun conseiller général n’avait véritablement été associé à sa préparation. Je l’ai donc étudié très scrupuleusement car, en ce qui me concerne, je ne vote pas les yeux fermés. Mais j’ai fait tout simplement mon devoir d’élu. Et comment pourrais-je perdre la confiance des militants en ayant fait ce qui est mon travail d’élu ? Comme nous étions en face d’un budget contestable, résultat normal d’une mauvaise méthode, je ne pouvais en conscience le soutenir sans réserve. Encore moins accepter son passage en force. La discipline est nécessaire en politique comme ailleurs. Mais, en politique, la discipline n’est pas un principe préalable: elle doit être la résultante de la démocratie. La discipline sans la démocratie, ce sera toujours sans moi ! Pour ce premier budget 2009, nous n’avons été que trois à réagir mais nous avons alors assumé notre devoir d’élus. Et c’est pour cela, j’en suis convaincu, que les militants nous gardent, naturellement leur confiance.

 Mais je ne veux pas ressasser le passé. Le passé est le passé. C’est vers demain qu’il nous faut nous tourner. Quel est mon projet ? Quels sont mes engagements ?

 Mon projet est celui du Parti socialiste. Pour un département qui protège et qui agit pour l’avenir.

 Un département qui mobilise pour l’emploi, le développement économique, la justice sociale et le développement des services publics comme l’éducation ou la santé. Je propose de recréer une agence de développement.

 Un département qui soit un « bouclier territorial » pour protéger des effets de la crise et de la politique du gouvernement.

 Un département géré avec efficacité sur le plan budgétaire et fiscal pour privilégier les dépenses d’investissement qui préparent l’avenir. Car l’emploi est notre priorité absolue.

 Un département qui développe le droit au logement. Vous savez combien j’y suis attaché. Je l’ai démontré à Tours Plus. Je veux faire de même dans le reste du département car le logement de qualité est un droit fondamental. Le logement décent est, avec l’emploi, essentiel au développement de la citoyenneté.

 Un département qui garantisse à toutes et à tous l’accès à la santé dans de bonnes conditions : soutenir l’ouverture de maisons de santé, lutter contre le risque de désertification médicale, soutenir les centres de planning familial.

 Un département qui s’inscrit résolument dans le développement durable. A La Riche, nous sommes en train d’élaborer notre agenda 21. Je veux que la Touraine soit aussi exemplaire dans ce domaine.

 Un département qui développe le « vivre ensemble ». C’est ainsi que s’appelle, depuis de nombreuses années, le magazine municipal de La Riche. Parce que ce titre exprime un projet de civilisation. Ce sera aussi le projet du département. Pour aider les personnes âgées à bien vieillir dans tous nos territoires. Pour aider nos enfants à réussir leur éducation. Pour faciliter l’accès à la culture et au sport.

 Nous avons déjà bien engagé notre département en ce sens depuis trois ans. Nous devons l’amplifier.

 Mais je veux aussi être plus complet et plus concret. Mes propositions sur les principaux sujets sont sur mon blog. Je les mets sur la table pour en débattre. Je ne veux pas décider tout seul de tout. En effet, je propose également une méthode.

Les six premiers mois de la mandature seront consacrés à écouter les citoyens. Je veux ainsi proposer une perspective pour l’avenir de notre département. Les réformes intervenues en 2009 et 2010 concernant les collectivités locales, en particulier pour les départements, sont lourdes de risques pour les finances et l’existence même du Conseil général. Raison de plus pour mobiliser les forces vives, toutes les forces vives du département, autour d’un diagnostic et d’un  projet partagés pour définir ensemble notre vision de la Touraine. Nous le ferons dès le début du mandat pour conclure à l’automne un contrat qui engagera notre mandature. Ce n’est pas perdre du temps que d’écouter les citoyens. C’est, au contraire, en gagner en évitant des incompréhensions et peut-être des erreurs. A la Riche, j’ai toujours pratiqué cette concertation. Nous a-t-elle conduit à l’immobilisme ? Voyez le résultat : les projets se sont succédés sans heurts. Et la concertation, ce n’est pas organiser des réunions de communication soliloque des décisions prises, comme par exemple, sur les budgets votés. C’est, au contraire, le dialogue et l’écoute avant de décider.

 Programme socialiste, méthode nouvelle, ma présidence sera une présidence du respect

Respect des électeurs, de tous les électeurs : les engagements pris devant les électeurs doivent être respectés. Quand on s’engage, par exemple, à stabiliser la pression fiscale, on ne fait pas le contraire !

 Respect des élus, de tous les élus : chaque élu doit être respecté, écouté et doit se sentir concerné. Le département n’est pas la propriété d’un hyper-président qui déciderait tout seul de tout.

Respect des partenaires, de tous les partenaires : respect des engagements signés avec l’Etat, la Région, les collectivités locales, les structures dont fait partie le Conseil général.

Respect des bonnes pratiques de la gouvernance : respect scrupuleux de la loi, recrutements transparents et sur le seul critère de la compétence, vigilance sur les risques de conflits d’intérêts (par exemple en limitant dans les instances de décision du parti le nombre de mandataires ayant un lien de subordination avec la présidence du Conseil général). Dans un conseil municipal, les élus intéressés par un vote ont l’obligation légale de ne pas participer à la délibération. Est-il normal qu’au Conseil fédéral, plusieurs élus salariés du Conseil général pèsent sur des votes concernant le Conseil général ? Quand je serai président du Conseil général j’imposerai cette règle naturelle à mes yeux mais qui ne le semble pas à tout le monde. Comme le définit très justement un récent rapport rappelons ce qu’est un  « conflit d’intérêts » ; c’est être placé dans la situation où l’intérêt personnel peut compromettre l’indépendance. Ne correspond elle pas à ce qui se passe au Conseil fédéral du PS destiné à choisir des candidats pour les cantonales ou à voter pour des questions qui concernent l’institution départementale, quand participent à la délibération des camarades salariés du Conseil général qui ont donc un lien de subordination avec la présidence ? Sont-ils indépendants ? Et d’ailleurs, il suffit pour s’en convaincre d’observer les déclarations et les votes de ces camarades sur les sujets du Conseil général. Je ne les attaque pas en disant cela. Mais ce sont des faits vérifiables. Chacun peut les apprécier selon son éthique. Vous devinez ce que j’en pense.

Le respect d’une déontologie dans le parti, c’est aussi une façon de respecter les militants. Et puisque nous sommes entre nous, le respect des militants c’est aussi le respect de leurs votes. Que seraient les élus sans les militants ? J’ai entendu dire qu’une fois élu on aurait pas de comptes à rendre au parti ! Ce n’est pas ma conception. Le conseil fédéral n’est certes pas le Conseil général mais la fédération doit être associée régulièrement aux principales orientations stratégiques du Conseil général. Je m’engage à le faire. Je veux être un président qui gardera la confiance des militants. Pas en plaçant des « obligés » dans l’appareil. Je mettrai même fin à cette pratique inadmissible et à terme mortelle pour un parti. Je serai un président qui gardera la confiance des militants en restant tout simplement un militant à l’écoute des autres militants et qui respectera leurs votes.

 

Chers camarades, chers amis, je vous ai expliqué avec passion ma volonté d’être le prochain président du Conseil général. D’autres peuvent aussi partager cette envie. Je souhaite qu’ils s’en expliquent aussi clairement que je l’ai fait devant vous. Avec la même détermination. J’irai jusqu’au bout de ma volonté car je suis un homme libre. Aucun arrangement, aucune pression, aucune menace ne me feront renoncer à un objectif que je crois essentiel pour la défense de nos valeurs. J’ai adhéré au Parti socialiste, je venais d’avoir 23 ans, marqué par trois évènements presque simultanés. La venue pour un meeting à Rennes, où j’étudiais, de François Mitterrand commençant un combat pour l’espérance. Et, je ne me souviens plus dans quel ordre chronologique, un mémorable entretien télévisé avec Pierre Mendès-France invitant les jeunes à s’engager. Et enfin, la découverte du discours de Jean Jaurès dont Pierre Mendès France, dans cette émission, avait conseillé la lecture. Je le relis de temps en temps. Il est magnifique. Dans ce discours à la jeunesse, prononcé devant les lycéens d’Albi, le 30 juillet 1903, Jean Jaurès définit le sens d’un engagement. Je souhaite, à mon tour, et en conclusion, vous faire partager quelques lignes de ses propos :

 

Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de ne pas en être accablé et de continuer son chemin; le courage…c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire.

 

Chers camarades, pour terminer, comme vous l’avez compris, je m’engage et sans savoir quelle sera la récompense mais parce que les valeurs que nous partageons sont une de ces grandes causes elles méritent d’y consacrer notre courage.

 

Commentaires

Chapeau !!!!

Écrit par : Le Bars | 07/03/2011

Bravo pour ce discours. Il y a des socialistes qui font honneur à leurs valeurs. De tout coeur avec vous.

Écrit par : Hakim Bouderballah | 10/03/2011

Brillante analyse de ce qui se passe au CG depuis trois ans. La grande majorité du personnel espère une majorité de gauche respectueuse de ses valeurs auxquelles des élus restent fidèles. Continuez et merci de votre courage.

Écrit par : un agent du CG | 10/03/2011

C'est un querelle d'égo!

Écrit par : Lucette | 10/03/2011

Ah bon! cela me parait plus profond que çà et en ce qui concerne l'égo celui de Roiron est hors norme!

Écrit par : marc | 10/03/2011

Excellent, j'avais prévu de m'abstenir ou de voter Vert mais j'ai compris ce qui se passe et que le conflit interne au PS révèle dans mon canton. J'irai voter Dayan.

Écrit par : Philippe Dublineau | 12/03/2011

Chapeau bas Michel
Ta position, ton combat font honneur à notre république et à nos valeurs
Nous sommes mardi 29 mars à 21 h je ne connais pas encore les résultats du vote des militants
Puisse la tentation du centralisme démocratique fuir le parti !
J'espère sincèrement que Marisol gagne.
Bravo encore pour ton combat

Pierre

Écrit par : Pierre Bardet | 29/03/2011

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