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01/04/2011

La colère est mauvaise conseillère (proverbe)

 Ainsi, l’accession de Marisol Touraine à la présidence du Conseil général serait (NR du 31 mars) un « hold-up, un rapt, une OPA sur une victoire», le fruit de « manœuvres » ! De quoi parle-ton au juste ? L’alternance au Conseil général s’est produite en 2008. Cette année-là Claude Roiron n’était pas candidate mais avait été désignée parmi les conseillers généraux  non-renouvelables comme future présidente en cas de changement de majorité. Elle avait été choisie  par les militants du PS, sans tout à fait respecter ses statuts, puisque le vote, sur une candidature unique, avait eu lieu avant la campagne. En 2008 donc, sur 18 cantons renouvelables, la gauche en conservait cinq sur six (dont celui détenu par le PC) et en gagnait cinq permettant la majorité absolue. En 2011, sur 19 cantons renouvelables, la gauche a conservé les 12 préalablement acquis (avec un transfert du canton de Tours Est du PS vers EELV) et en gagne deux supplémentaires (dont un divers gauche soutenu par le Front de gauche). Considérer les dix victoires de 2008 et les douze de 2011 comme LA victoire d’une seule personne revient à  pratiquer un captage de suffrages, pour employer un vocabulaire plus raisonnable que celui cité plus haut. Les élections cantonales sont des scrutins uninominaux de circonscriptions. Il ne s’agit  ni d’un plébiscite, ni d’une élection présidentielle, ni d’un scrutin de liste avec un chef pour la conduire. Respectons les électeurs en ne traduisant pas l’expression   du suffrage universel par autre chose que ce qu’il  dit.

La procédure de présentation de la candidature socialiste à la présidence du Conseil général fût la même qu’en 2008 : vote des militants mais cette fois avec un choix, ce qui n’a tout de même rien d’anormal, et après les élections. Cette procédure a été précisée à toutes les fédérations par une circulaire nationale adressée par le parti de la rue de Solférino (que certains n’ont d’ailleurs pas manqué d’utiliser pendant la campagne). Manœuvres donc ?

Enfin, sur les 24 conseillers généraux de gauche, 13 ont exprimé avant le vote des militants leur soutien à Marisol Touraine. Ont-ils eux aussi volé leurs électeurs ?

 On peut comprendre la déception d’avoir perdu un vote. Cela m’est aussi arrivé deux fois. Le mieux, dans ces cas-là, est d’analyser lucidement pourquoi.