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14/05/2011

Décompter les votes blancs: pourquoi faire?

Ce blog est resté inactif depuis plus d'un mois, l'installation du nouvel exécutif du Conseil général ne m'ayant pas laissé le temps d'écrire. Je m'efforcerai de publier régulièrement des articles sur pour mériter votre fidélité. Aujourd'hui,  je vous fais part de ce que je pense sur la reconnaissance du "vote blanc", idée qui resurgit de temps en temps et que je trouve, au choix , inutile, stupide ou dangereuse.


 

La reconnaissance du vote blanc fait partie des revendications ou des propositions régulièrement avancées, parfois même par des responsables politiques prompts à s'emparer de la dernière idée à la mode... Je dois avouer ne pas comprendre ceux qui défendent cela. J'ai le sentiment qu'ils n'ont jamais pratiqué un dépouillement pour soutenir cette drôle d'idée. Ignorent-ils que les votes blancs ou nuls sont comptés et proclamés dans le résultat d'un scrutin? Pour la dernière élection présidentielle, par exemple, au second tour, on en a ainsi totalisé 1 568 426.

Alors de quoi parle t-on exactement? J'ai entendu certains avancer que dans les bureaux de vote devraient être déposés sur les tables, à côté des bulletins de vote, des bulletins blancs. Soit! Mais qui serait responsable de leur confection? L'Etat? La commune? Les autres bulletins sont réalisés par les candidats déclarés puis contrôlés et acheminés en principe par des commissions administratives. On comprend mal pourquoi une autorité officielle, nationale ou locale, devrait se charger de la production spécifique des bulletins du candidat «néant»? Car aujourd'hui si l'électeur ne veut  choisir aucun des candidats proposés il dispose de toute liberté pour le faire. C'est ici que je conclus que les avocats du décompte du vote blanc n'ont probablement jamais procédé à un dépouillement de scrutin. Sinon,  ils sauraient  que la liberté créatrice ne manque nullement pour exprimer un  refus de choisir parmi les candidats réels. Les proçès-verbaux officiels décomptent même une dizaine de catégories de telles expressions! Chaque vote de cette nature est répertorié dans la catégorie adéquate et l'enveloppe concernée signée par le président et les assesseurs avec, éventuellement, «l'objet» trouvé dans l'enveloppe. En cas de contestations, ce sont ces votes là, annexés au procès-verbal, qui sont les premiers expertisés: aucun de ces électeurs n'est donc négligé!

Alors que veulent donc les adeptes du décompte du vote blanc? Une catégorie particulière de vote blanc ? Compter à part des bulletins blancs «officiels», les «plus blancs que blancs», pour reprendre la formule d'un sketch de Coluche? Comme si les autres "blancs et nuls", par exemple un bulletin rayé ou une enveloppe vide, ne signifiaient pas, dans leur quasi-totalité, exactement la même chose: le refus de l'offre existante ? Il me paraît donc juste de  comptabiliser ensemble des votes qui expriment, chacun à leur manière, le même non-choix. Les citoyens, soucieux de remplir leur devoir, et qui se déplacent ont le droit d'exprimer un refus de choisir et leur vote est donc bien comptabilisé quoiqu'on dise. Certes, on ne peut savoir si cette forme d'expression est un signe d'hostilité ou de neutralité.  Mais l'incertitude sur l'intention de l'électeur est de toute façon inhérente à tout scrutin: il constate un choix (ou un non choix), un point c'est tout. On pourrait aussi se poser la question de savoir si un vote exprimé signifie une adhésion à un candidat ou un rejet  de son adversaire! Pourquoi voudrait-on qualifier la motivation d'un vote blanc ou nul? Les scrutateurs servent à constater, pas à sonder les reins et les coeurs.

Je ne vois donc pas à quoi servirait un décompte spécial de bulletins blancs arbitrairement considérés officiels sauf à avoir derrière la tête un projet plus pervers...  que quelques-uns d'ailleurs avouent. Derrière la revendication de la reconnaissance du vote blanc se cache, en effet, chez certains l'idée de le transformer en «suffrage exprimé» avec toutes les conséquences à en tirer: mettre en cause la légitimité du vainqueur, voire même annuler un vote qui ne dégagerait pas une majorité absolue. Absurdité totale !

Prenons deux exemples : le referendum et l'élection. Dans le premier, compter comme exprimé un vote blanc et donc considérer que pour être valide le oui devrait avoir la majorité absolue reviendrait donc à compter les « blancs » comme équivalents aux non et  donc à  trahir l'expression du peuple. Il pourrait donc y avoir plus de oui que de non, mais avec un mode de calcul amalgamant blancs et non la réponse à la question soumise à referendum serait considérée négative? Curieuse conception démocratique!

Dans l'exemple de  l'élection, l'absurdité est encore plus flagrante. Supposons qu'avec le poids des suffrages blancs, comptés donc comme « exprimés », aucun candidat n'obtienne la majorité requise : le soir on fait quoi ? On déclare le scrutin nul ? Et le lendemain, on fait quoi ? Le sortant est maintenu ? Le pouvoir est déclaré vacant? Le siège attribué à un fantôme ? L'armée assure l'intérim ? Si le code des marchés publics prévoit qu'un marché  puisse être déclaré  « infructueux », j'attends qu'on m' explique comment élargir la même notion à notre code électoral? Il ne peut pas y avoir, dans une démocratie, de scrutins « infructueux » !

En conclusion, de deux choses l'une : ou bien la proposition ne vise qu'à compter le vote blanc  comme suffrage exprimé mais sans autre conséquence pratique quant au résultat concret du scrutin et la nouveauté introduite ne serait alors qu'un gadget, en ce sens que cela ne sert à rien. Ou bien, elle cache (ce que je pressens) une intention de dynamitage potentiel de notre coutume électorale et elle est, dans ce cas, plus que stupide. Cette proposition est dangereuse et à combattre.

Commentaires

Bonjour,
Je partage complètement votre analyse sur le vote blanc, son "avenir" dans la partie comptable lors du dépouillement et dans la décision finale.
Pour ma part, je trouve inadmissible de voter blanc, nul, "gribouillé", ou autre moyen, nous avons la chance d'être "autorisés" a décider de l'avenir de la France et des français alors ne gâchons pas ce grand bonheur. Rester chez soi et râler sur les décisions n'est pas l'avenir ou adulte. Nous avons le droit de vote utilisons le.
Toutefois, je crois en une autre idée : le candidat élu avec un % sur les exprimés devrait voir son pourcentage associé avec celui du % sur le nombre d'inscrits.

Écrit par : Eilean | 16/05/2011

Bonjour,

Les interrogations que vous soulevez sont intéressantes.
Je suis moi même engagé dans un mouvement citoyen qui a pour but de faire reconnaître le vote blanc pour faire passer le message : "On ne se reconnaît plus dans ces mastodontes politiques, mais on reste pour autant impliqué politiquement".

Les autres avantages, c'est que cela aura pour conséquence de rétablir les vrais pourcentages lors du dépouillement. Des gens que l'on nous présente élu avec 50% des voix ne le serait plus qu'avec 25%...

Enfin, cela permettrait d'éviter le vote sanction. En effet aujourd'hui beaucoup de gens votent FN par rejet des autres partis, et non parce qu'ils se reconnaissent dans ce parti d'extrême droite.

Je vous invite à visiter notre site web : www.partiblanc.fr
Et à découvrir nos actions concrètes pour restructurer la démocratie, comme...
Présenter un candidat blanc en 2012 ! Et oui c'est en effet le seul moyen qui nous reste lorsque chaque proposition de loi est rejetée...

Bonne journée :)

Yann Noisette

Écrit par : Yann Noisette | 01/09/2011

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