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08/04/2013

Affaire Cahuzac

 

L’affaire Cahuzac me révulse et je souhaite une riposte à la hauteur du traumatisme que les révélations ont naturellement provoqué chez nos concitoyens. Mais je n’accepte guère l’explication de la dérive isolée individuelle, qui sent un peu trop les fameux « éléments de langage » des docteurs en communication. C’est un peu court ! Selon moi, rétrospectivement et connaissant désormais mieux l’individu, Cahuzac n’aurait tout simplement jamais dû être député socialiste : ses fréquentations douteuses avec l’extrême-droite, sa reconversion professionnelle en figaro de luxe n’auraient t-elles pas dû le rendre inapproprié pour représenter le parti socialiste ? Je n’oublie pas que l’argument de la « dérive personnelle » nous a déjà été sorti après l’affaire DSK, dont le rapport à l’argent et aux femmes était pourtant connu d’un « entourage » qui a voulu cependant le propulser à l’Elysée. Et le système Guérini dans les Bouches du Rhône ou Kucheida dans le Pas de Calais ? Là aussi, il ne s’agit que de « dérives personnelles » ? Certes, elles sont patentes mais cette remarque ne doit pas nous exonérer d'une analyse plus profonde. Cela ne nous nous interroge-t-il pas aussi sur l'état de notre parti et certaines pratiques ?

 

Le Premier Ministre  nous annonce, dans la Nouvelle République de ce jour,  une nouvelle législation sur le cumul des mandats, la transparence totale sur les patrimoines, la traque des conflits d’intérêts,  la lutte contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux. Très bien ! Mais j'observe pourtant l'annonce d'un recul sur la limitation des cumuls des mandats, laquelle au mieux ne commencerait à s’appliquer que dans quatre ans ! Alors que le cumul des mandats, c’est déjà le début de la traque contre les conflits d’intérêt ! Manuel Valls a avancé le risque d’un trop grand nombre d’élections partielles en 2014 si des députés socialistes choississent de conserver leur mandat exécutif local. Mais de qui se moque t’on ? Manuel Valls n’ignore pas que tous les députés socialistes se sont engagés sur cette réforme et sa date d’application en septembre 2012. J'ai cependant toujours été d'accord pour un sursis jusqu'aux élections générales suivantes. Et qui détient le droit à l’investiture (y compris aux élections locales) de ses parlementaires, sinon le parti socialiste ? Que les députés socialistes concernés par la règle du cumul qui auraient donc  l’intention de prolonger  ce cumul jusqu'en 2017  se révèlent et on verra bien si ils sont aussi nombreux que Manuel Valls l'estime...Et si, in fine, les éventuelles élections partielles ne concernent que des circonscriptions actuellement de droite (ce qui ne dépend  en fait essentiellement que du PS) où est le risque d'un changement de majorité ?

Pour ma part, je crois que le moment est venu de réaffirmer le principe du respect des engagements pris devant les militants puis devant les électeurs. Sinon le mensonge public reproché à Cahuzac va finir par apparaître comme un "usage" largement partagé ! Et la parole politique sera une nouvelle fois discréditée. Le retour à la confiance passe par l’application de l’interdiction du cumul des mandats dès 2014. Si il y a des résistances, François Hollande a dans sa « boîte à outils », les instruments d’imposer cette réforme : le referendum ou, plus simplement, l'arme constitutionnelle du "49-3" ! Cet article de la Constitution a été conçu spécialement à cette fin: mettre la majorité parlementaire devant ses responsabilités en  confirmant son soutien à l'exécutif ou en  prenant le risque d'une crise de régime. On verrait alors qui est contre le changement maintenant.