Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/01/2014

Discours des voeux 2014 (prononcé le 8 janvier en mairie de La Riche)

Comme vous l’imaginez, le propos que j’ai préparé ce soir est très particulier puisque c’est la dernière fois que je m’adresse à vous, en tant que maire, pour vous présenter mes vœux de bonne année. Aussi vous me permettrez d’adopter   un ton plus singulier, un peu plus personnel, qu’aux précédentes occasions.


 Quand je me suis engagé en politique, j’avais 23 ans, 40 de moins qu’aujourd’hui. J'ai adhéré à une ambition collective. Elle était résumée à l'époque par une magnifique formule, inspirée de mai 1968:« changer la vie ». 

La décentralisation que la victoire de François Mitterrand venait de rendre possible m'a décidé à agir. Il y avait une envie. Et, il y a eu  les circonstances qui m’ont amené à me présenter à l’élection municipale dans cette commune. 
J'ai voulu contribuer ici, modestement, à un idéal que toute une génération attendait, pour davantage de liberté, d'égalité, de fraternité, faire la preuve qu’on pouvait agir localement, inventer des solutions répondant aux besoins de la population. 
A la tête la municipalité pendant 31 ans, j’ai vécu une expérience passionnante. Elle m’a aidé à mieux comprendre le monde. Elle restera inoubliable sur le plan humain. J’ai ressenti la conviction d’être utile aux hommes, aux femmes, aux enfants qui vivent à La Riche. 
J'espère avoir contribué à ma place   à faire vivre les valeurs qui m'ont guidé et pour lesquelles tant de femmes et d'hommes luttent,   sacrifient parfois beaucoup sans   avoir, pour eux-mêmes, la récompense que j'ai eu, pour ma part, la chance de recevoir. 
Je salue tous celles et ceux, compagnons ou anonymes, qui m'ont aidé à accomplir ce parcours.
Je veux, en particulier, remercier les larichois qui m'ont permis de vivre cette passion. 
Je mesure tout ce qui a été fait en trois décennies et j’en éprouve une certaine fierté. Je sais aussi tout ce qui reste à faire et, même si je ne ressens ni fatigue, ni désenchantement, j’ai considéré, dans l’intérêt de La Riche, qu’une équipe rajeunie était nécessaire pour écrire une nouvelle page.
J'exercerai mes responsabilités jusqu’au dernier jour de mon mandat et préparerai, notamment,   avec soin le scrutin   que j'ai, pour la 62ème fois, la charge d'organiser. A La Riche, du moins en 30 ans, il n'y a jamais eu d'incidents, ni de contestation pour ces rendez-vous démocratiques.   J'espère que ce sera   le cas cette fois encore. Je vous invite à venir voter le 23 mars. 
J'émets aussi le voeu que la compétition entre les   projets se déroule dans un climat serein, respectueux des différences,   sans céder aux slogans faciles, sans flatter   les vils   instincts,  interpelant la seule intelligence de nos concitoyens. Je veillerai personnellement à la dignité de la campagne électorale.
Dans trois mois, un nouveau Conseil se réunira et installera une nouvelle municipalité avec un autre maire. Cette équipe disposera d’une situation financière saine, d’équipements collectifs et de services publics de qualité. Elle pourra s’appuyer sur une administration municipale compétente à laquelle je veux aussi, ce soir, rendre hommage.
Après le temps de l'action est venu pour moi le temps de la transmission et d'autres horizons personnels. Je vais aborder cette étape sans regret et même avec bonheur. Car j'ai   une conviction. Elle est   acquise de mon éducation familiale, mais aussi de mes interrogations intimes. Chacun peut donner à sa vie le sens qui l'inspire: la profession, la famille, le sport, l'art, l'engagement associatif, politique, spirituel. Ce qui compte est de s'épanouir dans ce qu'on choisit. Mais quelque soit le choix, je crois que c'est    la transmission qui, au bout du compte, consacre une   réussite. 
Mon souhait personnel le plus cher pour 2014, c'est, vous l'aurez compris, que les larichois   confirme leur confiance en adoptant le choix qui est le mien pour mars prochain.
Je n'abandonne pas La Riche, ni les larichois, d'abord parce que je reste, au moins jusqu'en 2015, le représentant du canton à l'assemblée départementale.
Comme vous le savez peut-être ce canton restera en 2015 identique à l'actuel (  avec toutefois un changement symbolique: ce n'est plus Ballan-Miré mais La Riche qui va en devenir le chef-lieu)  avec nos 7 communes, dont je salue les maires et les élus ici présents ce soir. Je salue en particulier notre député, dont je tiens à souligner l'action et à féliciter le courage. Laurent Baumel fait honneur à son mandat et j'aimerai que beaucoup de responsables politiques partagent son éthique. Cher Laurent, je t'assure de mon soutien et de mon amitié.
J'espère , si vous renouvelez votre confiance, être encore au conseil municipal pour y apporter mon expérience et y puiser ma légitimité d'élu départemental. Enfin, je reste disponible pour la communauté d'agglomération   si deux conditions sont réunies. 
La première, évidente,   c'est que je sois élu au Conseil communautaire, ce qui nécessitera une victoire avec un   score très élevé. La seconde est que le débat politique qui va s'ouvrir sur l'avenir de nos communes mais aussi sur le destin de notre intercommunalité, élue pour la première fois au suffrage universel direct, fasse apparaître le besoin d'un nouveau modèle.  Personnellement, je le crois nécessaire. Et nous verrons le moment venu si il y a une majorité pour cela.
J'ai cru discerner que la décision de ne pas briguer une sixième fois la fonction de maire avait aiguisé des appétits. C'est flatteur pour la municipalité et   pour La Riche qui, ainsi,   démontre son attractivité. Le recensement, actualisé au 1er janvier, a   démontré   que La Riche continue d'attirer avec désormais 10285 habitants. Je salue tous ces concitoyens dont, pour ma part, et pour faire taire toute rumeur,   je continuerai à faire partie car j'aime trop La Riche et les larichois pour envisager d'aller vivre ailleurs. 
J'ai cherché pour conclure mon propos quelle citation célèbre je pouvais évoquer ce soir. J'ai d'abord recherché dans le magnifique discours d'investiture du 10 mai 1994 de Nelson Mandela. Je le voulais pour rendre l'hommage mérité de cet homme exceptionnel dont la récente disparition ,a marqué la planète . Mais je n'y ai pas trouvé une référence pouvant avoir un écho avec mes propos de ce soir.   La dimension de Mandela est trop immense! 
Alors, je me suis souvenu de la lecture   d'un autre grand discours qui m'avait marqué quand j'avais à peine plus de vingt ans. Cette lecture a peut-être été décisive dans mon engagement. Je l'ai relu ces jours derniers pour essayer de trouver un lien entre mon adhésion d'alors et ma décision de maintenant.
Jean Jaurès, dont le 31 juillet prochain datera le centenaire de son assassinat, a prononcé,  devant les lycéens d'Albi le 30 juillet 1903,   son célèbre "Discours à la jeunesse", dans lequel il les exhortait à s'engager. J'y ai puisé, pour conclure mon propos de ce soir,   un extrait.  Il résonne pour moi, du moins je l'espère,   ave ces trente ans passés ensemble. 
Jean Jaurès, vers la fin de son discours, s'exprimait ainsi:
"Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel, c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense. Le courage c'est de chercher la vérité et de la dire."
Mes chers concitoyens, vous m'avez aidé à comprendre le réel, à aller à l'idéal, à chercher la vérité et à la dire. M'avoir témoigné si longtemps votre confiance ce fut ma récompense comme   votre présence ici ce soir témoigne de votre affection.
Sachez bien que cette affection est réciproque. En fidélité, je continuerai à rechercher la vérité pour la dire, à comprendre le réel pour aller vers l'idéal.
Je souhaite à tous une très bonne année 2014.
A bientôt,
 
  

Les commentaires sont fermés.