Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/12/2014

Choisir le PPP c'est servir le service public

Le 12 décembre, je suis intervenu pour soutenir le choix de lancer la procédure d'ouverture du dialogue visant à un contrat de partenariat public -privé pour le projet "Cap Collège 2020". Mais je ne pouvais pas commencer sans répondre à Claude Roiron qui, outre la contestation de ce projet, ce qui est son droit, avait violemment attaqué Marisol Touraine, absente à ce moment là,  mettant en cause son courage de ne pas se représenter en mars prochain.


Je commencerai par dire que j’ai été choqué par des propos qui viennent d’être tenus. Et même indigné ! Attaquer bassement une collègue absente voilà qui est courageux ! Je note d’ailleurs que malgré les lourdes charges de Marisol Touraine elle est la plupart du temps présente dans notre assemblée et du début à la fin de notre réunion, pas seulement le temps d’un coup de « comm » pour s’éclipser ensuite ! Marisol Touraine a donné ici les preuves de son abnégation, de sa fermeté, de sa capacité d’écoute, qualités dont elle fait toujours preuve dans la lourde mission qui est maintenant la sienne : celle de la santé de nos concitoyens, et même par delà nos frontières, en première ligne de la crise Ebola. Alors, si une de nos collègues n’a de leçon de courage à recevoir de personne c’est bien elle !

Je conseillerai simplement à Claude Roiron, qui s’était jadis référé au philosophe chinois Lao Tseu, de méditer un autre philosophe, Nietzsche : « Rien ne vous consume plus vite que le ressentiment ».

Je répondrai aussi à Jean-Gérard Paumier que la délibération d’aujourd’hui n’engage en rien l’avenir. A ce stade il ne s’agit que d’autoriser le lancement d’une procédure, pas de la conclure. C’est la nouvelle majorité, issue des urnes le 29 mars prochain,  qui donnera ou pas suite à ce projet Cap Collèges 2020. Je laisse à Jean-Gérard Paumier la liberté d’expliquer aux électeurs que lui président (peut-être ?), il retardera un projet dont plusieurs élus de son groupe soulignent pourtant l’urgence et qu’ils approuvent au fond d’eux-mêmes. Mais quelle image donne-t-on de la politique en adoptant des positionnements purement tactiques, parce que des élections se profilent ?

J’ai été interrogatif, moi aussi, sur le bien fondé de recourir à un contrat de partenariat public-privé. Non pas par dogmatisme, je n’en ai jamais et sur aucun sujet. Mon seul souci portait sur l’impact d’un tel choix à plus long terme pour notre collectivité. Je suis rassuré sur ce point et je pense même que c’est la solution optimale au regard de la balance avantages/inconvénients, qui est la seule qui devrait nous préoccuper.

Car j’entends les critiques négatives sur la solution qui est proposée. Ces critiques sont soutenables et font partie de débat démocratique. Je vais essayer d’y répondre sur la base même des arguments des contestataires.

Il ne suffit pas  de scander SERVICE PUBLIC, SERVICE PUBLIC, SERVICE PUBLIC ! Mais interrogeons nous sur ce que c’est le SERVICE PUBLIC ? 

A mes yeux le service public repose sur trois piliers. C’est d’ailleurs sa définition actuelle, reconnue par tous au niveau européen définition inspirée du modèle français.

Le premier pilier, c’est de garantir l’égalité d’accès. N’est ce pas notre objectif prioritaire que permettre l’accès de chaque collégien à son droit à l’éducation ? De ce point de vue tout retard dans les constructions ou rénovations nécessaires, c’est préjudiciable au service public.

 Le deuxième pilier, c’est de mettre en œuvre une politique de solidarité entre les territoires et de solidarité entre les générations. N’est ce pas ce que nous proposons en répondant aux besoins essentiels des jeunes et de leurs parents et en veillant à la cohésion sociale et territoriale de la Touraine, en particulier dans sa partie rurale ? Ne pas se soucier   de cette solidarité, c’est préjudiciable au service public.

 Le troisième pilier, enfin, c’est même un devoir politique c’est de préparer l’avenir et le développement durable, économique, social et environnemental. Manquer à cette volonté, c’est préjudiciable au service public.

Ce qui nous est proposé répond à ces trois exigences fondamentales du service public :la garantie d’accès, la solidarité, l’adaptabilité.

 Le PPP ne mérite ni excès d’honneur, ni indignité. Il n’est pas une solution miracle mais une réponse pertinente à une situation d’urgence et de contraintes financières. Si la procédure est bien conduite, elle présente même des avantages certains.

 Elle peut permettre de satisfaire plus rapidement des besoins d’intérêt public, ce qui est un avantage politique et aussi économique car la réduction des délais assure un meilleur rendement socio-économique d’un ouvrage. Vous connaissez l’adage : le temps, c’est de l’argent. Le PPP c’est surtout un outil qui permet d’accélérer la réalisation d’équipements publics. C’est ce que réclament aujourd’hui les entreprises.

 Le PPP n’est pas une idéologie. Ce n’est qu’un instrument qui permet dans des situations budgétaires difficiles de recourir à l’investissement privé et de soulager l’endettement public.

Cet outil offre la possibilité d’intégrer, dès le départ, de façon la plus optimale, la conception, la réalisation et la maintenance.  L’approche globale optimise l’opération en réduisant les délais et les aléas générant des économies sur le coût global. C’est donc  un atout pour la performance technique, économique et écologique.

 Le partenariat coopératif entre le public et le privé permet aussi à la collectivité, à ses services,  de bénéficier d’un savoir-faire, d’acquérir des compétences nouvelles, de progresser en compétitivité. Le PPP est une procédure qui pousse à exprimer les capacités d’innovation, dont profite la collectivité et les entreprises qui ainsi progressent en compétitivité. Et en rendant l’entreprise responsable de ses choix dans la durée par la gestion des équipements, le PPP permet d’optimiser la qualité de service. C’est en fin de compte la collectivité qui en bénéficie.

 Je répondrai pour conclure à la comparaison avec les « emprunts toxiques ». Car cette comparaison si elle ne cherche qu’à faire peur est inadmissible. Si elle exprimée de bonne foi, alors elle montre une incompréhension totale de ce qu’est un PPP. Car un PPP , c’est exactement l’inverse d’un emprunt toxique ! En effet, un emprunt toxique c’est un emprunt dont le risque est assumé par la collectivité et elle seule. Dans un PPP, c’est le privé qui prend le risque et qui l’assume. La comparaison est donc non seulement inappropriée, mais totalement fausse : un PPP, c’est l’exact contraire d’un emprunt toxique, puisque la collectivité ne s’endette pas mais s’engage sur un loyer fixé à l'avance.

 Enfin, je ne partage le pessimisme de Jean Savoie. Il a lui même créée une grande et belle entreprise qui rayonne bien au-delà de la Touraine. Pourquoi penser que nous n’aurions pas en Touraine des entreprises compétitives capables de rivaliser ?  Nous avons aussi ici de très belles entreprises, performantes et en mesure de monter au niveau des meilleures, c’est aussi ce qui les renforce et les rendra encore plus compétitives.

 Voilà pourquoi, mes chers collègues, au nom même de la défense du service public, au nom de l’intérêt de notre collectivité je soutiens la nécessité de voter cette délibération qui n’est, je le répète qu’une étape initiale d’un processus qui ne sera vraiment conclu qu’en 2016. Au-delà des postures et des petits calculs électoraux, ayons le courage tous ensemble de ne pas fermer la porte à l’avenir.

Les commentaires sont fermés.