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30/03/2015

Chronique d'un désastre

  1. Ne pas commencer par additionner des voix qui ne s’ajoutent pas.

 Avec une certaine mauvaise foi ou une incompétence, certains se permettent de tirer des scores des calculs fantaisistes. Additionner les voix Boudesseul/Ferrer à Bellet/Michel pour en déduire le résultat d’un binôme PS Boudesseul/Michel n’a pas de sens. D’abord parce qu’on ne peut pas déterminer ainsi les voix d’un binôme virtuel. Qui peut croire, par exemple, que le PS est en capacité de rassembler 40,61% à Savonnières (presque autant qu’à La Riche !) et la gauche (avec le score PC) atteindre 46,75 dans cette commune ? En particulier en période de basses-eaux ? Pour mémoire, je n’avais obtenu en 2008 au premier tour, en période de vague rose, à Savonnières que 28,82 et 46,10 au second tour ! Qui peut croire que le PS aurait fait un tel progrès entre 2008 et 2014 avec dans le même temps un FN passant de 5,70 à 23,06 ? Le choix de Cécile Bellet était donc tout à fait réfléchi. Le binôme Boudesseul/ Ferrer (pourtant de Savonnières) ne fait que 18,88 : c’est bien la preuve que le binôme PS intégriste était une impasse, car c’est probablement autour de ce score que j’aurais terminé avec Boudesseul sur cette commune, soit une perte de 10%.par rapport à 2008

 Et on peut tenir le même raisonnement pour les autres communes que La Riche où de nombreux suffrages de notre binôme ne viennent pas, de toute évidence, de l’électorat socialiste. Il est raisonnable d’estimer entre 500 et 700 voix (sur un total de 1523) ces votes arrachés sur un électorat qui se serait porté spontanément sur la droite avec une autre configuration de binôme. C’est aussi ce qui explique le score assez médiocre de Chas/ Touret (31,55 à comparer aux 39,93 de Lezeau en 2008). Un binôme PS/PS nous aurait placé derrière Chas/Touret et à environ 30% … à supposer même que, dans ces conditions, les Verts restent absents de la compétition ! Autrement dit, avec un tel niveau le second tour était perdu d’avance. Si c’était l’option du PS d’imposer Boudesseul-fusse pour perdre- je ne pouvais évidemment pas être son candidat. Et si quelqu’un d’autre de La Riche était sur cette ligne « intégriste », je lui aurai volontiers céder la place. Mais à La Riche, heureusement, le PS préfère gagner les élections et la section soutenait ma candidature.

 Les 37,75% (totalisés par les deux binômes) sur l’ensemble du canton ne doivent donc pas faire illusion : ce serait un score atypique dans le contexte actuel et dans un canton qui n’a voté à gauche qu’une seule fois dans ce scrutin et très rarement dans les autres. Le chiffre de 37,75 devrait, en effet, être corrigé à la baisse en retirant les voix supplémentaires apportées par Cécile Bellet, Gilles Descroix et Virginia Raguin, qui n’auraient pu figurer dans le même quatuor. Cécile Bellet aurait refusé d’être suppléante et les deux suppléants (eux aussi ballanais) auraient dès lors dû être remplacés. Les autres binômes socialistes dans le département ont fait 26,71% en moyenne, le score le plus élevé étant à Amboise avec 33% et Montlouis avec 32%. A noter que dans ces deux cantons, les binômes étaient ouverts à des sans étiquettes (avec l’aval de la fédération)…Preuve qu’une stratégie d’ouverture était payante… et que la fédération n’a interdit qu’à notre canton (?). On ne peut d’ailleurs que s’étonner de l’insistance de M.Cortot d’obliger un binôme PS/PS sur ce canton tout en indiquant  avoir souhaité des binômes ouverts partout !  Partout sauf pour La Riche ?...

 

Le soir du 22mars les scores du PS à Tours sont tous proches de 30%. Ce niveau doit constituer notre référence : nous n’aurions pas fait davantage avec un binôme 100% socialiste, dans un canton très à droite (malgré La Riche). Cette configuration aurait été, de plus, la porte ouverte à une candidature écologiste concurrente, soit en autonome, soit avec le FG (lequel fait presque partout en association avec ELV un score à 2 chiffres). Dans ce cas, nous aurions été probablement en dessous de 30. A  supposer même un excellent report des voix de gauche au second tour (ce qui était illusoire dans le contexte actuel comme le second tour l’a confirmé), nous aurions été le soir du premier tour aux environs d’un potentiel nettement inférieur à 45% et  plutôt proche de 40%. Comment espérer dans ces conditions l’emporter ?

Aussi, quitte à paraître obstiné, comme cela a été dit, j’affirme avec certitude que le binôme que voulait imposer la direction fédérale était voué à l’échec. N’était-ce pas, cependant, le choix conscient de cette direction, le résultat final lui souciant moins que d’affirmer son autorité ? Et j’affirme aussi que la stratégie d’un binôme de rassemblement était non pas la garantie (il y a toujours un aléa dans un scrutin) mais la condition du succès. Si la direction fédérale avait soutenu notre binôme, les voix recueillies par le  binôme PS officiel se seraient ajoutées aux nôtres et le second tour devenait très ouvert. Car,  même en ajoutant aux voix de Chas/Touret(31,55%) les 2,11% du binôme Debout La République (se serait-il d’ailleurs  peut-être pas présenté avec un autre contexte ?), nous aurions viré en tête, avec une assez nette avance (4 points ?). Car notre binôme avait réussi à déplacer des voix adverses au premier tour. C’est une clé d’un scrutin difficile !

 Au lieu de cela, nous avons eu un duel UMP/FN. Dans la mesure où les électeurs m’ont malheureusement placé à quelques voix derrière le binôme PS officiel, j’en ai tiré pour moi-même les conséquences. C’est ma blessure car, à cause de ces quelques voix d’écart (106) j’apparais objectivement comme responsable de l’élimination de la gauche au second tour. Même si c’est inexact car l’apparence arithmétique ne doit pas masquer la responsabilité politique de la fédération. Et que M.Cortot ne se dédouane pas en invoquant le vote interne, sur lequel  il convient de revenir.

 

  1. Quelques rappels édifiants sur le  vote interne, indigne d’un parti démocratique.

Nous n’avons été informés des candidatures que la veille du scrutin, alors qu’elles étaient déposées depuis plus de 15 jours ! On m’a interdit de toute réunion avec la section de Ballan ! On m’a refusé l’accès au fichier pour que je m’adresse aux adhérents ! On a même cherché à m’empêcher d’être candidat en déclarant ma candidature irrecevable au motif que je n’avais pas déposé le nom de mon suppléant (comme bien d’autres candidats pourtant). Mais le tandem Cortot-Boudesseul n’ont pas été suivis par le bureau fédéral sur ce point. Par-dessus le marché, j’ai appris bien plus tard que (pour préparer le vote, bien entendu) le même tandem m’avait sournoisement calomnié ! J’ai déposé une plainte en diffamation à ce sujet. N’étaient-ils pas prêts à tout pour m’éliminer ? En tout cas, leurs méthodes font froid dans le dos si de tels individus étaient, un jour, en situation de pouvoir !

Quelques rappels précis sur les méthodes de la direction fédérale et de sa lecture des statuts me paraissent donc utiles pour justifier ma décision de maintenir ma candidature car le vote était une parodie de démocratie.

Le vote en section était fixé le 3 décembre avec dépôt des candidatures au plus tard le 17 novembre permettant donc un peu plus de deux semaines de campagne. On notera que la fédération avait retenu une procédure particulière de candidature unique à tous les cantons, contraire aux directives nationales. Ce choix a été spécialement conçu pour le cas de Ballan afin de m’empêcher de déposer une candidature complète et m’obliger à un binôme forcé. Il est évident que la fédération a  obligé au vote séparé hommes/femmes spécialement pour régler le cas de Ballan.

 Auparavant, en octobre, P.Boudesseul refuse ma demande d’accéder à une réunion de la section de Ballan pour discuter de l’élection départementale, alors que je suis le conseiller général sortant !

 Après une réunion à St Genouph le 5 novembre, convoquée par M.Cortot au dernier moment, sans même en convenir avec le conseiller général sortant. J’y constate une sur-représentation de la section de Ballan (informée plus tôt ?), et subis une attaque en règle et visiblement organisée. Je suis néanmoins le seul à annoncer ma candidature dans la transparence avec mon binôme et mon suppléant.

Le 17 novembre : la fédération, appelée par téléphone, refuse de m’informer des candidatures déposées. Cortot et Boudesseul (adjointe de Cortot au bureau fédéral) proposent même au bureau fédéral de déclarer irrecevable ma candidature invoquant des questions de forme (candidature sans suppléant). Néanmoins ma candidature est enregistrée mais j’ignore les autres candidatures, même si je m’en doute.

Pendant la période réservée pour la campagne interne Boudesseul me refuse toute réunion avec la section de Ballan (faut-il parler d’une section ou d’une secte de Ballan ?). De son côté, la fédération refuse de me communiquer les adresses des adhérents de Ballan. Je suis donc dans l’impossibilité de communiquer avec la moitié du corps électoral autorisé à voter pour l’investiture. Ceci ne se passe pas dans une République bananière mais dans la fédération du PS 37 !

Le 2 décembre, soit la veille du vote, Cortot envoie un mail aux adhérents nous informant enfin officiellement des candidatures déposées, profitant de cette communication pour m’attaquer en faisant une pression inadmissible sur le vote. Un vote sans aucun débat, donc ! Ceci ne se passe pas dans une République bananière mais dans la fédération du PS 37 !

Malgré ma demande aucune information ne m’est donnée sur le lieu de vote de la section de Ballan, m’interdisant de fait d’envoyer un observateur pour vérifier la régularité du scrutin (ce qui est pourtant une obligation du règlement intérieur). Ceci ne se passe pas dans une République bananière mais dans la fédération du PS 37 !

Le résultat du vote n’est donc pas surprenant : si la section de La Riche m’a largement accordé sa confiance, la section de Ballan (qui a quelques cartes de plus…) a inversé le résultat sur l’ensemble du canton par un vote à 100%. Bref, une section ayant perdu aux municipales se venge ainsi d’une section qui, elle, les a gagnées ! Etonnante maturité politique !

J’ai indiqué à la presse que le vote interne s’était déroulé dans des conditions dignes de la Corée du Nord. Formule-choc et certes raccourcie mais j’attends tout démenti aux faits que je viens de rappeler, lesquels sont hélas rigoureusement exacts et vérifiables.

Boudesseul et Cortot n’ont pas été à l’école de Claude Roiron pour rien. Boudesseul n’est pas non plus cornaquée par Laurent Baumel, expert en jeux d’appareil, pour rien.

 

  1. Pourquoi avoir refusé le binôme avec Pascale Boudesseul ?

 Je suis contre les mariages forcés , y compris sur le plan politique. Des candidatures à plusieurs doivent se constituer par consentement mutuel car nous sommes solidaires devant les électeurs. Mars 2015 a été pour la section de Ballan instrumentalisé comme un 3ème tour des municipales. Peut-être même par L.Baumel comme l’occasion de préempter le congrès en spéculant sur une défaite, comme le souhaitent ouvertement certains « frondeurs ». Je me suis refusé à une candidature (de témoignage ?) pour une qualification au deuxième tour qui a semblé le seul horizon de la direction départementale du PS. Je n’étais pas candidat pour passer le premier tour : j’étais candidat pour gagner le deuxième tour !

De plus, tant sur le plan éthique que politique, trop de choses me séparent de P. Boudesseul : elle est une femme d’appareil, je suis l’inverse de cela ; je soutiens le gouvernement de Manuel Valls, elle le critique ; j’ai combattu la présidence de Claude Roiron, elle a été (comme M.Cortot) au cœur de son système ; j’étais totalement solidaire de la politique départementale conduite par Marisol Touraine puis Frédéric Thomas, elle la dénigrait.

De plus, je considère préférable d’avoir reçu la confiance des électeurs de sa propre commune avant de la réclamer au delà. Si Pascale Boudesseul avait démontré sa capacité de rassemblement à Ballan, cela se serait vu en 2014. J’aurai pu alors renoncer à ma candidature et m’inscrire dans une démarche de transmission comme je l’ai fait, avec succès, pour la municipalité de La Riche. Mais n’est-il pas singulier de voir quelqu’un qui a été récusée par les ballanais, se considérer quelques mois plus tard comme légitime pour conduire une nouvelle fois une campagne électorale ? Les ballanais ont d’ailleurs confirmé leur rejet puisque son binôme n’a rassemblé, malgré une investiture labellisée, que 23,95%. Plus de 77% d’hostilité dans sa propre commune ! Un record ?   Partout ailleurs dans le département. les têtes de listes battues des municipales se sont sagement mises en retrait. Mais pas à Ballan et la Riche, où les deux battues respectives des municipales, Nathalie Touret et Pascale Boudesseul prétendaient gérer le département après avoir été récusées pour gérer leurs communes ? P. Boudesseul a d’ailleurs fini par avouer qu’elle préfèrerait voir Chas élu plutôt qu’Alain Michel (sic)! N’était-ce d’ailleurs pas sa ligne aux dernières municipales : Chas à la mairie de Ballan plutôt qu’un(e) autre qu’elle ? Voilà à quoi conduit les gens qui ne font de la politique que pour avoir des postes.

Me contraindre à un tel binôme était inacceptable ! C’était bien mal me connaître que d’imaginer que j’y souscrirais.

Organiser un vote piégé ne suffisait pas. Il fallait, en outre, organiser un procès  contre Cécile Bellet, jamais encartée nulle part et jamais engagée précédemment en politique autrement que dans la vie de sa commune. Une sans étiquette - comme il en existe tant, et heureusement pour notre République- mais qu’il fallait bien condamner d’avance. A vote truqué, procès pipé.

 

  1. Le procès inadmissible fait à Cécile Bellet.

Il est, pour commencer, assez singulier que ceux qui ont instruit ce procès ont eux-mêmes conquis en 2008 une municipalité avec une alliance similaire. Laurent Baumel n’a-t-il pas gagné en 2008 la mairie de Ballan avec une partie de la droite ou du centre hostile à Lezeau ? C’était d’ailleurs une clé de la victoire. Leçon hélas oublié six ans plus tard.

On a entendu aussi Thierry Ferrer ; en procureur, finalement candidat au côté de P. Boudesseul me reprocher le choix de Cécile Bellet comme binôme alors qu’il venait de faire lui-même liste commune avec elle aux dernières municipales ! Comprenne qui pourra ! Tout cela est dérisoire. Il a été fait un procès d’intention contre Cécile Bellet pour les besoins de la cause : imposer le binôme avec P.Boudesseul.

Au demeurant, les candidatures aux élections se jugent sur les orientations proposées, sur les engagements pris, non pas en jetant des anathèmes à priori. A cet égard, il suffit de lire nos documents électoraux pour constater que nous avons placé notre candidature sur une ligne identique à celle de la majorité départementale sortante. Et Cécile Bellet a été totalement solidaire des propositions que nous portions ensemble. J’attends, d’ailleurs que l’on me démontre en quoi les propositions du tandem officiel PS étaient plus à gauche  que les nôtres. Je récuse donc le faux-procès instruit par les habituels gardiens du temple.

Enfin, je note que d’autres sans étiquette  ont été soutenus par le PS , avec d’ailleurs des résultats favorables ou convenables…Après le second tour, on notera que sur les huit élus des quatre binômes de gauche, trois seulement sont membres du PS ! Et tous les binômes 100% PS ont été battus. Pourquoi avoir exigé dans notre canton -et dans celui-ci seulement !- une telle formule, alors que nous avions réussi un rassemblement ? La fédération est responsable du gain  de ce canton par l’UMP. Et je veux ici nommer le principal instigateur de ce qui s’est passé.

Notre canton est à la fois urbain et rural et comporte sept communes. Il devait être défendu par un binôme qui reflète cette diversité. Laurent Baumel, en habitué des grandes explications intellectuelles fumeuses, nous expliquait que la clé de la victoire était un tandem Ballan/La Riche, au motif que les deux communes pesaient démographiquement assez pour avoir besoin de se préoccuper des communes  rurales. Je résume ici sa théorie expliquée doctement. C’est bien une analyse de la Touraine vue  du VIème arrondissement de Paris! Pour finir, au demeurant, notre brillant expert s’est rabattu sur un binôme excluant La Riche, la plus peuplée et seule ville socialiste du canton ! Grande cohérence et grande clairvoyance !

Au passage, on peut lui faire remarquer que le binôme Chas/ Touret, donc Ballanais-Larichois, selon l’idéal de L.Baumel, a fait un score médiocre au premier tour et pouvait être battu au second si on ne lui avait pas facilité la tâche. Laurent Baumel pourra donc écrire un nouveau livre sur la façon de gagner des élections départementales. Comme visionnaire, Laurent Baumel avait d’ailleurs déjà fait ses preuves. Pour Ballan, ne considérait-il pas  que son bilan municipal, le nouveau programme et la nullité  (sic) de la concurrence, suffiraient à faire gagner la liste qu’il intronisait pour les dernières municipales. On a vu le résultat !

Le député s’est aussi permis dans un tract de critiquer notre binôme par des sous-entendus insultants pour Cécile Bellet et moi. Il ignore évidemment que la constitution de notre binôme résulte de consultations menées dès l’été dernier avec plusieurs  municipalités du canton pour réfléchir ensemble à la façon de dégager une candidature paritaire, représentative et légitime car l’élection européenne nous avait déjà alerté sur le danger du vote Front National.

C’est ainsi par réflexion concertée et consentement mutuel que s’est constituée l’idée de ce binôme et qu’elle s’est concrétisée. On n’était évidemment loin des magouilles internes des appareils, préparées par notre expert en la matière.

Ces insinuations sur la manière dont s’était constitué notre binôme étaient d’autant plus déplacées de la part de son auteur qu’on peut lui rappeler comment pour les municipales de Ballan il avait choisi sa dauphine ? Par un acte d’autorité avec la clairvoyance dont on a pu mesurer le résultat ! L.Baumel peut donc garder ses leçons pour lui.

Il est vrai que notre député-intellectuel nous habitue à des cheminements assez tortueux. Faut-il rappeler qu’en débarquant en Indre-et-Loire, il s’était présenté comme un fidèle de DSK. Qu’il soutenait d’ailleurs pour la primaire socialiste. On osait penser que c’était pour ses idées ! Mais il faut penser que non puisque lorsque la politique de l’offre inspire la politique économique du gouvernement, Laurent Baumel prend la tête de la fronde. Où est sa cohérence intellectuelle et politique ?

Enfin, on remarquera que dans sa circonscription, les résultats sont à la hauteur de son génie politique : au lieu de diviser, sans précaution, son camp dans le canton de Ballan-La Riche, tentant même par des manœuvres dans le dos du maire de déstabiliser la principale municipalité socialiste de sa circonscription, le député aurait mieux fait de s’échiner à dégager une candidature dans le canton de Ste Maure où le PS a dû improviser un binôme au dernier moment ! Résultat : sur quatre cantons de la circonscription, trois duels UMP/FN ! Remarquable anticipation de notre stratège! Et, après le second tour, tous les cantons de la circonscription désormais à droite.

En conclusion, notre député, surtout remarqué par le microcosme médiatico-parisien, lequel semble d’ailleurs sa préoccupation principale, a un bilan local impressionnant. Mais, il nous expliquera encore et toujours que tous ces échecs n’ont qu’un seul responsable : la ligne politique de François Hollande et de Manuel Valls…

Réussir dans les jeux d’appareils, pour obtenir une investiture, peut démontrer un certain talent et Laurent Baumel en ce domaine n’en manque pas. Mais faut-il en tirer la conclusion que tant d’années essentiellement passées à cette activité accoutume à une façon de faire de la politique qui se fracasse à l’exercice du concret ?

 

 

  1. Mes conclusions  personnelles

Je ne regrette pas mon refus du binôme avec P. Boudesseul. Il m’était humainement  et éthiquement impossible d’envisager une campagne commune avec elle et même, en cas de renoncement, de voter pour son investiture. Et comme un binôme avec elle était une garantie d’échec, je m’en serai voulu le 29 mars d’avoir cédé au chantage de l’appareil fédéral.

Ce que je regrette en revanche - mais c’est évidemment rétrospectivement plus simple - est d’avoir maintenu ma candidature dans ce contexte. Le plus dur pour moi n’est pas de changer de vie brutalement. Je m’y étais préparé.  La politique est faite aussi de défaites et mieux vaut rester chez soi, si on ne sait pas les surmonter. Le mandat de conseiller départemental, en outre, ne m’apportait pas de satisfaction immense. Je peux d’ailleurs maintenant révéler que je n’avais nullement l’intention de m’accrocher à ce poste. Je m’étais, en effet, engager auprès de Gilles Descroix à démissionner pour lui permettre de me remplacer au plus tard à mi-mandat. Mon intention était de le faire après la prochaine élection présidentielle. J’étais donc dans la même volonté de transmission générationnelle qui a été la mienne pour la municipalité de La Riche.

Je ne poursuivais qu’un objectif : contrer la victoire annoncée de l’UMP dans un canton à droite. Le choix de la fédération était clairement, au contraire, de plutôt perdre le canton que me soutenir. Car elle a sciemment investi une candidature (au passage, sans validation par vote des adhérents des sections…) qui n’avait aucune chance de l’emporter. Face au complot de la fédération, j’aurai, en fataliste, probablement renoncé si l’UMP n’avait pas composé son binôme titulaire en mettant Nathalie Touret en situation d’être élue. L’UMP aurait alors regagné ce canton dans un duel plus ordinaire, sans préjudice important pour la municipalité (cf. mes 25 ans de mairie sous le précédent mandat Lezeau) et sans être personnellement mêlé à cet échec.

Je ne pense pas, en outre, qu’une autre candidature larichoise - à condition de trouver quelqu’un ayant envie de partir avec Boudesseul - aurait permis de hisser le PS au niveau suffisant pour gagner le second tour. Sans la prime au sortant, à l’ouverture et à la notoriété personnelle, il est certain que le second tour était perdu. Et il n’aurait pas été bon que cet échec rejaillisse sur Wilfried  Schwartz ou un(e) autre élu(e) de la nouvelle municipalité. De toute manière, personne dans la section n’était disposé à prendre spontanément ce risque. Les regrets rétrospectifs sont dès lors inutiles.

Le plus difficile c’est d’endosser par les urnes, pour seulement 106 voix de moins,  la responsabilité de la victoire par défaut de la droite.  Je pressentais bien la conséquence de l’élimination au premier tour, alors que la fédération a assumé ce risque sans état d’âmes. Mais pouvais-je me soumettre au diktat d’un appareil, après les méthodes utilisées et malgré tant d’années d’engagement personnel à développer le PS en Indre-et-Loire ? C’était humainement inacceptable. Qu’ai-je fait au PS pour mériter une telle ingratitude ?

Je n’avais pas auguré une telle politisation et nationalisation du scrutin. Celles-ci se sont dessinées en fin de campagne et elles expliquent, je crois, le score du tandem officiel qui a finalement capté la majorité de l’électorat socialiste. J’en veux pour preuve les échecs de presque toutes les candidatures dissidentes de droite ou de gauche partout en France. J’ai mal évalué, comme la plupart, le changement de nature de ce scrutin inédit.

Je ne refuse pas l’autocritique et suis conscient de plusieurs erreurs dans cette campagne et dans la pré-campagne interne. Le changement de calendrier et les manœuvres de Baumel expliquent en partie certaines erreurs. Mais je reste convaincu d’avoir été principalement victime d’une vindicte de la direction de l’appareil fédéral en lien avec les enjeux du prochain congrès et avec des arrières-pensées de règlement de comptes, liées à un épisode de notre récente histoire politique locale.

Deux conceptions inconciliables se sont affrontées. La volonté de la direction fédérale dont l’objectif n’était pas de gagner le canton mais d’affirmer son autorité avant le congrès (avec un désir de vengeance en supplément). Et ma volonté, partagée par mes camarades de La Riche, qui était de conserver ce canton avec une stratégie adaptée à la situation. Il était hors de question pour moi d’être candidat sans espoir de victoire. D’autres peuvent se complaire dans cette conception de l’engagement politique. Quant à moi, mon tempérament me l’interdit.

Je refuse donc de porter la principale responsabilité de ce qui s’est passé. Le trio Baumel-Cortot-Boudesseul ont fait élire Chas et Touret au conseil départemental. Ils devront en rendre compte.

 

 

 

 

 


Les élections départementales terminées, il est nécessaire d’en faire l’analyse. En particulier, j’ai souhaité livrer ma part de vérité dans le désastre qui s’est produit sur le canton de Ballan-La Riche où le premier tour s’est conclu par l’élimination de la gauche au premier tour, ce qui n’aurait jamais dû arriver. Je veux donc revenir sur la lecture des chiffres dans le canton, car j’ai la prétention de dire que je suis celui qui le connaît le mieux. Je veux aussi rappeler la réalité des conditions du vote interne, totalement indigne d’un parti démocratique, expliquer pourquoi j’ai refusé le binôme que l’on voulait m’imposer et choisi de m’associer avec Cécile Bellet. Je veux enfin nommer, sans détours, les artisans de ce désastre et leur inspirateur. Le trio Baumel-Cortot-Boudesseul a sciemment joué la perte de ce canton. 

Commentaires

Triste résultat dont Baumel porte une large part de responsabilité ...

Écrit par : Duvergne Jean-Pierre | 02/04/2015

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